Un dimanche fatal

"Plus le nombre des suffrages en sa faveur sera élevé, moins son élection signifiera une adhésion pleine et entière à son projet." Voilà encore une grande pensée affirmée avec le plus grand sérieux que j'ai pu lire dans le journal La Tribune d'aujourd'hui. Devant un tel raisonnement, j'ai tendance à croire que l'électeur moyen est surpris par un brusque moment d’abattement.

Ceux qui vont voter Macron ce soir en pensant qu'ils pourront le contrer dans la rue par la suite se bercent d'illusions. Il faut vraiment avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir du mouvement de 2016 ou malgré la mobilisation la plus longue d'un mouvement social d'ampleur national des lois de régression sociale ont été adoptées par le gouvernement avec l'aide de la police et du 49.3.

Et maintenant voilà que monsieur Macron veut faire vite pour réformer le marché du travail comme si on n'avait pas été servi le printemps dernier. Heureusement que la lutte contre un éventuel fascisme vient justifier cet acte délirant qui est de mettre un bulletin dans l'urne.

Le siège de la cathédrale de Reims dans laquelle Marine Le Pen se rendait à des fins électorales témoignent effectivement de la réalité des forces fascistes. Cette manifestation organisée par le maire de droite et quelques militants de partis de gouvernement auxquels se sont ajoutés d'indécrottables militants associatifs donne la mesure de la menace fasciste en France. Cette triste péripétie vient couronner une mobilisation plus que faible quand le Front National est parvenue au second tour. Pour qui se souvient des manifestations après l'accession du vieux Le Pen au second tour, le siège de la  cathédrale de Reims fut comme l'expression d'une ferveur sans foi, une dernière possibilité d'être de gauche et antifasciste avant que les portes du néant libéral ne s'ouvrent et emporte tout ce petit monde dans le monde de la concurrence libre et non faussée.

En regardanr tout ce petit monde faire la loi autours de la cathédrale de Reims je ne peux que penser à une absence notable qui est celle de l'Action Française. L'Action Française était une force politique sans commune mesure dans les années trente et ceci en terme de nombre et d'endoctrinement, et je n'imagine pas ce que ce que j'ai vu de Reims cette dernière semaine transposé en 1935 par exemple. Je note ceci car je lis des articles alarmistes qui viennent brandir la menace du fascisme et nous refaire le coups du resurgissement de ce dernier, c'est l'éternel retour des années trente.

Pour l'instant nous voyons plus de monde dans la Gay Pride que dans des défilés au flambeau et que dans des manifestations syndicales.  Et pour finir sur une pointe d'optimisme, je n'ai guère aperçu une manifestation du mouvement En Marche dans les rue de Strasbourg, pour c'est un mouvement purement télévisuel. 

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