Le plan social II





Quai Desaix de Veygoux . [ Strasbourg ]


J'ai lu dernièrement que notre ancienne maire avait réagi à l'annonce de la vente faite par General Motors de vendre son site de Strasbourg. Elle rappelle que l'entreprise avait pourtant reçu une aide substancielle de l'Etat. Cela n'est pas sans rappeler un proverbe vosgien, « fait du bien à un vilain, il te chiera dans la main ». Je me souvient que Madame Keller avait réagi approximativement de la même manière lors de la fermeture de notre imprimerie. En voilà une déconvenue pour les électeurs strasbourgeois, la moindre des politesse est de revêtir le masque des jours de deuil, voir de se livrer à une vague critique du capitalisme en sortant son mouchoir. Dénoncer la logique capitalistique des grands groupes industriels n'est pas très crédible quand on soutient un président de la république qui rêve tout haut d'armer sa marine nationale par une entreprise asiatique.

Les hommes politiques se doivent de se porter au chevet d'une entreprise mourante pour faire l'étalage de toute leur impuissance. Ils se jettent de la cendre sur le visage si cela s'avère néçessaire. Personne n'est dupe. Pour entendre un autre son de cloche de la part de la mairie d'alors, il suffisait de s'en laisser compter par le détaché de la mairie qui était en charge de notre dossier. Sa mission auprès de la commission de suivi consistait à proposer éventuellement des solutions pour le personnel licencié de notre site. Et c'est au sortir d'une de ces réunions que le brave monsieur nous glisse, à moi et notre délégué syndical : « vous devriez faire de efforts…». « C'est cela, nous devrions nous aligner sur les salaires pratiqués en Chine », telle fût ma proposition, la discussion venait de se terminer devant l'oeil rieur de notre directeur intérimaire. Ce petit échange n'est pas sans me rappeler l'exhortation du directeur du site General Motors à Strasbourg, à savoir qu'il fallait à tout pris éviter la surenchère syndicale. Voilà à quoi servent les politiques. Pourtant, lors des premières réunions concernant la fermeture de notre imprimerie, le directeur France du groupe nous avait dit que les politiques ne servaient à rien, il avait tenter de convaincre un ministre de Chirac de je ne sais quoi. Le fond du message était clair, il ne fallait rien attendre des politiques en matière décision industrielle. Par contre, ces mêmes politiques sont bien placés pour prêché la « raison » et la « modération » parmi le bon peuple. J'ai cru lire qu'en tout et pour tout, General Motors n'avait bénéficié qu'une modique aide de l'Etat de 8000 euros et des brouettes. Dans mon ancienne entreprise, c'était la somme que le patron économisait grâce à certaine forme de contrat proposés par l’ANPE, et c'était une entreprise dix fois plus petite. Il est permis de sourire quand on entend des chiffres de cet ordre de grandeur pour un un site de cette importance.

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