jeudi 30 décembre 2010

Le retour de la neige et du froid.



Marlenheim


«Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s'abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés [...]»

C'était là une poésie à apprendre au CM2 il y a bien longtemps maintenant.


mardi 28 décembre 2010

Le blé



Hochfelden


Je viens d'apprendre que la production mondiale de blé a baissé de 5% cette année. Le mystérieux marché ayant anticipé la baisse de matière première, le prix du blé à la tonne a augmenté de 70%. Voilà qui ne manquera pas de faire le bonheur des fonds de pension et le malheur des populations.

jeudi 23 décembre 2010

Le retour des zombies dans la science économique et l'attaque des sous-hommes politiques.



Le Guirbaden.

Le zombie est un élément mort qui se meut au sein du vivant en caricaturant cette dernière. Le zombie est une sorte de métaphore du rapport social dominant qui enserre les individus, de la même manière que les zombies traquent le vivant pour le ramener à l'état de caricature du vivant. Le zombie a ceci de paradoxal qu'il représente la preuve vivante de la mort. L'existence du zombie est du domaine de l'infra-vie. il est mû exclusivement par une puissance supérieure, toute individualité est morte en lui. De grandes fresques cinématographiques lui assigne le noble but de transformer l'humanité à son image. En somme le zombie a tout pour symboliser notre monde d'accumulation et de circulation de marchandises. Il n'empêche que je n'avais pas penser à l'idée morte qui tente encore de se faire passer pour une idée vivante, c'est à dire l' idée du « laisser faire ». Rappelons que cette idée est déjà morte depuis 1929.


"Paul Krugman titre sa dernière chronique dans le New York Times « When Zombies Win » (Quand les zombies l’emportent). Il la débute ainsi : « Quand les historiens étudieront les années 2008-2010, ils seront interloqués par l’étrange victoire que les idées fausses y auront remporté. Les fondamentalistes du marché libre, qui ont eu tort sur tout, dominant la scène politique plus fortement que jamais. »

La question mérite en effet d’être posée. Est-il possible que le système financier, qui a implosé et dont la crise se poursuit sans être maîtrisée, puisse continuer à parader en prétendant retomber sur ses pieds ? De quelles nouvelles promesses désastreuses sera-t-il dans ce cas capable ? Toutes les hypothèses, après tout, doivent être posées, même les pires."


[ Source ] : http://www.pauljorion.com/blog/?p=19536



vendredi 17 décembre 2010

Un jugement sur l'économie politique dans La carte et le territoire de Houellebecq



Le Guirbaden


« Elle avait l'air détendue, heureuse, comme à chaque fois qu'elle ne devait pas aller à la faculté dans la journée – les vacances de la Toussaint venaient de commencer. L'intérêt d'Hélène pour l'économie avait beaucoup décru au fil des ans. De plus en plus, les théories qui tentaient d'expliquer les phénomènes économiques, de prévoir leurs évolutions, lui apparaissaient à peu près également inconsistantes, hasardeuses, elle était de plus en plus tentée de les assimiler à du charlatanisme pur et simple ; il était même surprenant, se disait elle parfois, qu'on attribue un prix Nobel d'économie, comme si cette discipline pouvait se prévaloir du même sérieux méthodologique, de la même rigueur intellectuelle que la chimie, ou que la physique.»

La carte et le territoire Michel Houellebecq


Voilà des propos tenus par une enseignante en économie, épouse de policier de surcroît. La question que l'on peut se poser est la suivante, n'étant pas un spécialiste, je vais tâcher d'être clair. Nous avons d'un côté l'idée que la science économique relève du charlatanisme de l'autre que les éleveurs de chèvres du futur viendront des villes avec une meilleure compréhension des lois du marché. Ces fameuses lois du marché sont une pure invention de la science économique. Certes, il y des phénomènes qui concourent à l'élaboration de nouvelles formes d'échange et de pratique culturelle, mais de là à être en symbiose avec les lois du marché, il y a un pas j'hésiterai à franchir. J'avais écrit que le héros du roman de Houellebecq était le marché, je pense que l'on peut être plus précis en parlant de mystère de la marchandise.

Il s'agissait de nuancer le précédent billet pour ce qui était du traitement de l'économie politique dans le dernier livre Houellebecq.

Et comme pour faire la transition avec ce qui est dessous, j'ai reçu un petit message électronique envoyé par le petit robot de recherche automatique . Le sujet, je vous le donne en mille : Houellebecq et Tarnac.

mardi 14 décembre 2010

Tarnac et les néoruraux de Houellebecq



Aux environs du Guirbaden



« Les habitants traditionnels des zones rurales avaient presque entièrement disparu. De nouveaux arrivants, venus des zones urbaines, les avaient remplacés, animés d'un vif appétit d'entreprise et parfois de convictions écologiques modérées, commercialisables. Ils avaient entrepris de repeupler l'hinterland – et cette tentative, après bien d'autres essais infructueux, basée cette fois sur une connaissance précise des lois du marché, et sur leur acceptation lucide, avait pleinement réussi. »

La carte et le territoire MICHEL HOUELLEBECQ



Nous passerons sur les connaissances précises des lois du marché, je reviendrai sur ce sujet plus tard. Il semblerait que si Houellebecq prend la précaution d'indiquer que son œuvre est une fiction : « Il va de soi que je me suis senti libre de modifier les faits, et que les opinions exprimées n'engagent que
les personnages qui les expriment ; en somme, que l'on se situe dans le cadre d'un ouvrage de fiction.» Mais sur ce qui est de l'acceptation lucide des fameuses lois du marché, cela est laissé à libre conception du monde exprimée par l'écrivain. Rien ne nous permet de relier ce jugement à la pensée d'un personnage du roman , donc c'est la pensée du romancier qui s'exprime. L'idée que des lois du marché puissent exister est en soit un peu ridicule près d'un siècle après la crise de 1929. Car la loi du marché implique chez la majorité des classiques et des néoclassiques qu'aucune main téméraire ne vienne troubler l'harmonieuse autorégulation du marché résultant d'une liberté d'échange sans entrave. Car le « marché » veut jouir sans entraves, c'est Walras qui le dit. C'est là le génie de Houellebecq, c'est sa capacité à décrire un monde, on aborde presque la totalité des rapports sociaux de la classe moyenne et de la haute bourgeoisie l'œil de l'écrivain. Et là nous abordons les questions de fond.

Ces lignes sur les néoruraux et sur le marché me laissent rêveur. En parallèle j'apprend que Julien Coupat est encore en activité à Tarnac. En voilà un, qui je suppose, se moque de l'acceptation lucide des lois du marché. Il n'écrira pas un livre de poésie avec Carla Bruni sur la théorie de Ricardo.

Je suis un masochiste hargneux comme dirait Houellebecq, enfin plus hargneux que masochiste.




Le Guirbaden


Serge Quadruppani est peut être un romancier moins talentueux que Houellebecq, personnellement je n'ai lu qu'un roman du premier, il ne m'a pas donner envie d'en lire un second. Ce qui n'empêche pas monsieur Quadruppani de coucher sur papier des phrases auxquelles j'adhère sans peine.
« La science infuse et l’arrogance ont beaucoup fait pour rendre extrêmement stérile la fréquentation de ce qui est devenu, au fil des ans une ultra-gauche en pantoufles, confinée dans les querelles de microchapelles et le commentaire plus ou moins méprisant d’événements sur lesquels elle n’a aucune prise (et ne cherche pas à en avoir puisque l’essentiel de son message pratique est qu’il va falloir attendre).

De tout cela, je tire le sentiment que nous n’avons aucune espèce de pureté théorique ou pratique à défendre, et qu’il ne faut pas avoir peur de se mêler sans cesse au réel impur. »

[ Source ]

lundi 13 décembre 2010



Aux environs du Guirbaden.

En consultant les dix disques que Michel houellebecq emporterait sur une île déserte, je m'aperçois à quel point on est le produit de son époque, « a social end product ». Une grande part des gens de sa génération emporterait les mêmes disques que lui sur une île déserte. Pratiquement, il se trouve que l'on a les mêmes goûts en matière de musique pop. Maintenant, il se trouve que l'écrivain n'a pas le don de prévision en matière économique, il se peut même que l'histoire aille plus vite que ses fictions. Mais bon place à la musique.

Je crois savoir pourquoi il n'est pas aimé d'un certain public, d'après lui les gens qui votent pour des partis d'ultra gauche sont des masochistes hargneux. Ce n'est pas très fin, mais bon.





dimanche 12 décembre 2010

le marché, héros du prix Goncourt



Krappenfels




Je suis en train de finir le dernier roman de Michel Houellebecq. Cet écrivain a le don de diviser le monde des lecteurs en deux. Ceux qui aiment, et ceux qui n'aiment pas. Dans le monde de ceux qui n'aiment pas, on retrouve des personnes qui n'ont jamais lu Houellebecq. Je ne savais pas à quel point cet écrivain était entouré de préjugés, j'avais devant moi deux personnes qui n'avaient jamais lu l'auteur des Particules élémentaires, pour autant cela ne les empêchait pas d'émettre un avis définitif sur le personnage. Ainsi pour l'un, l'écrivain tenait du cryptofasciste ou du provocateur sans génie. Pour l'autre, Houellebecq était une figure emblématique de la littérature française du XXI siècles, une espèce de coquille vide où seule la publicité autours d'une œuvre tien lieu d’œuvre.

Ce dernier avis est le plus intéressant car il rejoint directement l'ouverture du nouveau roman de Houellebecq : qu'est-ce qu'une œuvre d'art. Nous voyons apparaître Jeff Koons dès la première page. Le nom de Jeff Koons était associé à une sorte d'art du kitsch, je pensais ne l'avoir entendu que très récemment, lors de son exposition au palais de Versailles. Mais son nom était déjà enfoui quelque part dans les méandres de mon cerveau. Il avait en effet défrayer la chronique en se mariant avec une actrice de film de charme. Ses photos de mariages se sont étalées dans tous les revues branchées du début des années 90. Il était donc pratiquement impossible de franchir le troisième millénaire sans avoir entendu une fois le nom de cet artiste. D'après une biographie sommaire, il aurait commencé sa carrière professionnelle en tant que courtier en bourse…

Pour revenir à Houellebecq, arrivé vers la fin du roman, on a l'impression que le personnage principal est le marché.

jeudi 9 décembre 2010

La logorrhée philanthropique.



Krappenfels


Apparemment il existe des personnes qui plongent leur nez dans les tonnes de documents communiquées par Wikileacks :

« Afin de réaliser ces objectifs, nous nous appuierons sur les ambitieux programmes de Diplomatie Publique déjà en place au poste et nous développerons des moyens créatifs et complémentaires pour influencer la jeunesse de France en employant les nouveaux médias, des partenariats privés, des concours sur le plan national, des événements de sensibilisation ciblés, notamment des hôtes américains invités.
Nous développerons aussi de nouveaux outils pour identifier les futurs leaders français, apprendre d’eux et les influencer.
Dans la mesure où nous développons les opportunités de formation et d’échange pour la jeunesse de France, nous continuerons à nous assurer d’une façon absolument certaine que les échanges que nous soutenons soient inclusifs.
Nous nous appuierons sur les réseaux de la jeunesse existant en France et nous en créerons de nouveaux dans le cyberespace en reliant entre eux les futurs leaders de France au sein d’un forum dont nous aiderons à former les valeurs, des valeurs d’inclusion, de respect mutuel et de dialogue ouvert. » [ source ]

Nos amis américains ont un plan ou une vision de ce que devrait être la France. Ils se proposent de réaliser nos idéaux. A savoir que pour eux, l'égalité ne règne pas en France. D'après eux, les minorités ne sont représentées dans notre beau pays de fromage. Mais il n'y a qu'une seule minorité qui est représentée, et c'est encore cette même minorité qui mène la danse aux U.S.A comme en France, cette minorité c'est celle des riches.

La logorrhée aux accents philanthropiques de nos amis diplomates américains ne doit pas nous faire oublier à quel point ils ont contribué aux changements dans ce monde. Certes, ils ne sont pas responsables de l'ensemble du malheur sur terre. Mais il me semble qu'ils sont mal placés pour donner des leçons d'égalitarisme . Au contraire, plus le monde s'américanise plus les inégalités progressent.

Enfin, je peux me tromper, car dans certain cas, comme à Dresden et à Hiroshima et Nagasaki, voir plus récemment sur Bagdad, on peut déceler une tendance non pas à l'égalitarisme mais au nivellement dans la politique américaine, tout cela arrosé au Coca-Cola, of course.

mardi 7 décembre 2010

Le jugement dernier.



Krappenfels


Tremblez sacs à merde. Pour ce qui est des temps et des moments, vous n'avez pas besoin, frères, qu'on vous en écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échapperont point. Alors Martine Au Brie se répandra de toute sa molle pâte pour retarder la révélation dernière et Christine l'Hagarde invoquera sans fin le nom de Mammon.

lundi 6 décembre 2010

Pompidou Metz



Krappenfels


Une verrière d'environ quinze mètres de haut et trente mètres de large surplombe une aire de stationnement en construction. Enfin, cela y ressemble. La terre est noire, au loin à une centaine de mètres, des traces d'un ancien parking. Deux ou trois poteaux d'éclairage sont plantés majestueusement sur des bandes de bitumes blanchies par le gravillonnage. A côté de cette langue de terre brune gorgée d'eau, des immeubles sans doute construits dans les années soixante dix s'agglutinent mollement sous le ciel gris. Derrière moi, la croix de Malevitch, hommage à Tenesse Williams de Klein, un énorme Dubuffet, Chagall que je n'aime pas, un Pollock mollement maculé de gris et de noir, le coq de Brancussi que je trouve magnifique et Max Ernst. C'est peut-être l' œuvre qui me fascine le plus : « faire du fantastique avec du banal »…





IV. — Le caractère fétiche de la marchandise et son secret.

Une marchandise paraît au premier coup d'œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même. Notre analyse a montré au contraire que c'est une chose très complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques. En tant que valeur d'usage, il n'y a en elle rien de mystérieux, soit qu'elle satisfasse les besoins de l'homme par ses propriétés, soit que ses propriétés soient produites par le travail humain. Il est évident que l'activité de l'homme transforme les matières fournies par la nature de façon à les rendre utiles. La forme du bois, par exemple, est changée, si l'on en fait une table. Néanmoins, la table reste bois, une chose ordinaire et qui tombe sous les sens. Mais dès qu'elle se présente comme marchandise, c'est une tout autre, affaire. A la fois saisissable et insaisissable, il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol ; elle se dresse, pour ainsi dire, sur sa tête de bois en face des autres marchandises et se livre à des caprices plus bizarres que si elle se mettait à danser. [ Karl marx ]

vendredi 3 décembre 2010

Communication




Krappenfels


Qu'est-ce que l'utopie? C'est un lieu qui n'existe nulle part. Ainsi le monde du marché autorégulateur n'existe nulle part.