dimanche 13 décembre 2009

Le doux cheminement de la dialectique.




Cité administrative . [ Strasbourg ]

Luc Ferry, ancien ministre de l’Education nationale a répondu sur LCI au sujet du clip lip dub de l’UMP.

Luc Ferry : « C’est dégoulinant de bêtise. Comment on peut faire un truc aussi médiocre ? (…) Pour rien au monde je ne me serais prêté à cet exercice, cet espèce de showbiz dégoulinant… C’est horrible. Pour le coup, ça me choque vraiment. Ça me fait de la peine même ; que le show-biz le plus bête, le plus médiocre, s’introduise dans la politique, c’est désespérant (…) Ca me fait vomir ! »


Le philosophe Luc Ferry semble émerger peu à peu de la caverne de Platon. Je me demande comment on peut être surpris des turpitudes de la bande à Sarkozy. Cela fait quand même deux ans qu'on admire le travail…


Ja,ja, wir sind Franzoss'…




Rue du Ban de la Roche . [ Strasbourg ]

Le voilà le fameux débat sur l'identité nationale, on a vu monsieur Eric Besson capter l'auditoire de l'Assemblée Nationale par la soif inextinguible d'identité du fils d'immigré qui nous sert de président. Les douze députés présents durant l'allocution de monsieur Besson ont du trouver l'hémicycle un peu grand, sachant que ce dernier est prévu pour accueillir 577 députés.

Pour ma part, je me borne à relire quelques articles d'histoire. J'apprends que l'on a expulsé plus de 112000 alsaciens en 1918 vers l'Allemagne. Je me permets de retranscrire des extraits d'une affiche strasbourgeoise de 1918 : « Wir haben keine Gemeinschaft mit den Kapitalistenstaaten. Es heisst : Nicht Deutsch. nicht französsich. nicht Neutral. Die Rote Fahne hat gesiegt !»

Sarkozy vous dégoûte vraiment d'être Français!

vendredi 11 décembre 2009

Le sarkozysme en coma artificiel



Rue du Ban de la Roche . [ Strasbourg ]

Pour Xavier Rolet, qui est l'ancien patron de Lehman Brothers à Paris, « il n'y a pas de capitalisme anglo-saxon par opposition à un capitalisme européen continental : les salariés de la finance à Paris font exactement la même chose que leurs homologues à New York, Londres et ailleurs, explique-t-il. Leurs modèles de rémunération ont convergé depuis bien longtemps et les banques françaises sont des leaders mondiaux dans les produits financiers les plus sophistiqués que l'on trouve sur les marchés. »

Source : http://www.lesechos.fr/journal20091211/lec1_france/020263505209.htm

Il est clair que si l'on veut trouver une « identité nationale », ce n'est pas du côté de la finance qu'il faudra regarder. Et dire que notre président voulait développer les crédits hypothécaires pour les Français quelques mois avant la crise. C'est fou comme les choses ont changé en deux ans.


lundi 7 décembre 2009

Le contribuable alsacien est bien gentil




Quai Pasteur . [ Strasbourg ]


Il est très gentil le contribuable alsacien, il renfloue les banques. Le contribuable alsacien n'est pas le seul, de Strasbourg à Barcelone en passant par Dublin, c'est la même histoire. Maintenant, il paraît que le contribuable strasbourgeois paye encore les pots cassés de la crise financière par d'autres biais. Les collectivités locales ont souscrit des engagements auprès des banques, ces engagements ne sont pas exempts d'«actifs toxiques». En attendant de me renseigner plus sur ce dernier point, voici quelques chiffres cités dans la presse.


Irlande, Royaume-Uni et Allemagne en tête des aides aux banques en 2008

[ 07/12/09 - 14H30 - AFP ]

L'Irlande, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont les trois pays de l'Union européenne ayant accordé le plus d'aides de crise à leur secteur financier durant l'année 2008, selon un bilan publié lundi par la Commission européenne.
L'Irlande a accordé au total pour 355,76 milliards d'euros d'aides de crise (subventions, prises de participation, prêts à taux réduits ou garanties publiques), le Royaume-Uni pour 201,28 milliards et l'Allemagne pour 180,94 milliards.
Le secteur financier de ces trois pays avait particulièrement souffert pendant la crise.
Suivent l'Espagne avec 99,13 milliards, la Belgique avec 46,80 milliards et la France avec 42,90 milliards.
L'ensemble des 27 pays de l'UE ont mis en oeuvre des mesures d'aide pour 957,52 milliards d'euros en 2008.
Ce montant est nettement inférieur au total des mesures d'aide de crise autorisées par la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l'UE, pour le secteur financier: 3.361 milliards d'euros en 2008, et même 3.632 milliards en ajoutant les aides autorisées jusque mi-septembre 2009.
Une grande partie de ces sommes correspond en effet à des plans généraux mis en place au cas où par les gouvernements, et auxquels les institutions financières sont libres d'avoir recours ou pas: les sommes prévues ont été beaucoup plus importantes que les besoins réels.
La Commission a aussi calculé la part réelle d'aide d'Etat dans les aides de crise mises en oeuvre.
En cas d'octroi par exemple de garanties, qui peuvent aussi être obtenues sur le marché, l'aide d'Etat correspond seulement à l'avantage entre la rémunération demandée par l'Etat et celle qu'aurait demandé le marché, a expliqué un expert de la Commission.
Sur cette base de calcul, le total des aides d'Etat accordées dans l'UE a atteint 212,15 milliards d'euros en 2008, soit 1,70% du PIB.
Là encore, l'Irlande se distingue: les aides d'Etat pour le secteur financier pèsent 19,16% du PIB du pays.
Le Luxembourg se distingue également avec des aides d'Etat représentant 7,64% du PIB national. Il faut dire toutefois que le secteur financier y assure 29,1% dudit PIB.


source : http://www.lesechos.fr/info/finance/afp_00209095-irlande-royaume-uni-et-allemagne-en-tete-des-aides-aux-banques-en-2008.htm


mardi 1 décembre 2009





Rue Abbé Lemire . [ Strasbourg ]


Quand j'étais marmot, je fréquentais les anciens combattants. En lisant Sven Hassel je me suis souvenu tout particulièrement d'une histoire incroyable que m'avait raconté un ancien marin. L'homme était chauve, dans les soixante-dix ans, il avait un cou de taureau. Nous le rencontrions souvent à Toulon, nous passions des soirées sur le quai Stalingrad à boire des « formidables », pour moi c'était naturellement des sirops à la limonade. La police militaire américaine patrouillait encore sur le quai, à deux pas de l'arsenal. Ce monsieur buvait son premier sérieux une heure avant midi pour nettoyer la tuyauterie, enfin c'est ce qu'il disait. Il nous est arrivé de passer des moments à la plage. C'est là où l'on pouvait admirer ces multiples tatouages. Je ne me rappelle plus que de celui d'une mistinguette sur son bras droit, elle avait des accroche-cœurs en dessous de son bonnet de marin surmonté de son fameux pompon. Ce visage de jeune fille était situé à l'intérieur d'une bouée où dominait la couleur blanche. Ce marin avait été fait prisonnier par les allemands dans la poche de Dunkerque. On le transporta, je ne sais pourquoi et comment sur le front russe. Et du front russe, il rapporta ce fait étrange et terrifiant à mes oreilles d'enfant. Il m'affirma avoir vu un convoi de charrettes tirées par des chevaux se faire écraser par des panzers à cause du brouillard épais, à la fin du passage des blindés, il ne restait rien ou presque du convoi. Il ne m'en dit pas plus et je ne voulais pas en savoir davantage. En lisant La légion des Damnés je lis approximativement le même genre d'histoire. Sven Hassel a un style, son roman se lit très bien. Les scènes de propagande soviétique sont drôles. Je me souviens de celle où un tract exhortait les soldats allemands à éliminer les SS, dans ce même tract les russes étaient appelés à se débarrasser de leurs camarades de la Gépéou. Il était question après ce passage de l'idée de révolution qui devait résulter de la fin des hostilités. Ce passage n'était pas sans rapport avec le souvenir de la révolution allemande de 1918. Celle qui vit 16000 marins alsaciens descendre de Kiel à Strasbourg et déclarer l'«Elsässische Räterepublik». Le vieux marin qui avait vécu Dunkerque, le front russe et l'Indochine me laissa un ouvrage, ou plutôt on me le donna car j'étais celui qui était le plus susceptible de le lire : Pour connaître la pensée de Marx d'Henri Lefebvre. A l'intérieur du livre, je découvrais deux articles de journaux, l'un portant sur la vie de Marx qui datait de 1983 et l'autre sur les marins alsaciens du http://fr.wikipedia.org/wiki/Clemenceau_(porte-avions) datant de 1996.

vendredi 20 novembre 2009

le petit " Marx " illustré





Quai Louis pasteur . [ Strasbourg ]




À parler avec précision et au sens prosaïque du terme, les membres de la société bourgeoise ne sont pas des atomes. La propriété caractéristique de l'atome, c'est de ne pas avoir de propriétés ni, par conséquent, de relation déterminée par sa propre nécessité naturelle avec d'autres êtres extérieurs à lui. L'atome n'a pas de besoins, il se suffit à lui-même; le monde, en dehors de lui, est le vide absolu, c'est-à-dire n'a ni contenu, ni sens, ni signification, précisément parce que l'atome possède en lui-même toute plénitude. L'individu égoïste de la société bourgeoise a beau, dans sa représentation non sensible et son abstraction sans vie, se gonfler jusqu'à se prendre pour un atome, c'est-à-dire un être sans la moindre relation, se suffisant à lui-même, sans besoins, absolument plein, en pleine félicité, l'infortunée réalité sensible, elle, ne se soucie pas de l'imagination de cet individu; et chacun de ses sens le contraint de croire à la signification du monde et des individus existant en dehors de lui; et il n'est pas jusqu'à son profane estomac qui ne lui rappelle chaque jour que le monde hors de lui n'est pas vide, qu'il est au contraire ce qui, au sens propre, remplit. Chacune de ses activités et de ses propriétés essentielles, chacun de ses instincts vitaux devient un besoin, une nécessité, qui transforme son égoïsme, son intérêt personnel en intérêt pour d'autres choses et d'autres hommes hors de lui. Mais, comme le besoin d'un individu donné n'a pas, pour l'autre individu égoïste qui possède les moyens de satisfaire ce besoin, de sens intelligible par lui-même comme le besoin n'a donc pas de rapport immédiat avec sa satisfaction, tout individu se trouve dans l'obligation de créer ce rapport en se faisant également l'entremetteur entre le besoin d'autrui et les objets de ce besoin. C'est donc la nécessité naturelle, ce sont les propriétés essentielles de l'homme, tout aliénées qu'elles semblent, c'est l'intérêt qui tient unis les membres de la société bourgeoise dont le lien réel est donc constitué par la vie civile et non par la vie politique. Ce qui assure la cohésion des atomes de la société bourgeoise, ce n'est donc pas l'État, c'est le fait que ces atomes ne sont des atomes que dans la représentation, dans le ciel de leur imagination — et qu'en réalité ce sont des êtres prodigieusement différents des atomes : non pas des égoïsmes divins, mais des hommes égoïstes. La superstition politique est seule à se figurer de nos jours que la cohésion de la vie civile est le fait de l'État, alors que, en réalité, c'est au contraire la cohésion de l'État qui est maintenue du fait de la vie civile. [ source ]

dimanche 15 novembre 2009

La valeur d'échange et Houellebecq



Le lac marin . [ vieux Boucau ]



L'année 2007 aura été l'année de la destruction de valeurs, mais qu'est-ce que cette valeur qui régit le monde? C'est un grand mystère pour le commun des mortels alors que l'on s'acharne à la présenter comme simple et évidente. C'est au nom de cette évidence que l'on mène des politiques qui ont un impact sur le vivant. C'est la revanche de l'inerte sur la vie… Devant le mystère de la création de valeur, certains font preuve de modestie, c'est le cas de Michel Houellebecq.




Quels sont les territoires que vous avez envie d’explorer ?

C’est un peu théorique, mais je n’ai pas l’impression d’être allé au bout de ce qu’il est possible de faire sur la notion de valeur en général : ce qui donne leur valeur aux objets ou aux œuvres. Il y a un mystère de la création de la valeur. J’ai fait une Unité de Valeur d’économie dans ma vie, ce qui est très peu. La plupart des gens font plus que ça. Et je me souviens que je ne comprenais pas comment on fixait le prix des choses ; j’en garde l’impression d’un grand mystère. En fait, je ne comprends toujours pas.

Houellebecq, l'entretien du Magazine des livres n°19 [ à lire ici ]

vendredi 13 novembre 2009

De l'inégalité dans les files d'attente aux guichets de Pôle Emploi.




Jardin Botanique . [ Strasbourg ]



Le côté pratique des petits accessoires életroniques réside dans la possibité de rédiger des notes durant les files d'attente aux caisses du Leclerc. Sinon il reste toujours le loisir de regarder les jolies filles. Je suppose que pour cette dernière activité les habitants qui résidaient derrière le rideau de fer était mieux lotis que nous. Mais patience, on attendra les files de demandeurs d'emploi devant les guichets que nous promettent la fin crise. Le seul ennui étant que les bureaux de Paul Emploi sont spécialisés, une adresse pour l'industrie, une autre pour les cadres et une autre pour le social. J'imagine que les chômeurs ayant travaillé dans le tertiaire auront plus le loisir de croiser des jolies filles que ceux qui recherchent un emploi dans le bâtiment.